La décision de démolir et de reconstruire est apparue comme une nécessité à partir du moment où les logements concernés ne correspondaient plus à ce que souhaitent aujourd’hui les habitants. Les réhabilitations qui se sont déroulées au cours des ans n’ont pas été suffisantes pour améliorer les conditions de vie des habitants.
Devant ce constat, fort de l’appui de l’Etat qui était prêt à aider au financement des opérations, la ville de Cenon a décidé de s’engager résolument dans cette rénovation urbaine, afin d’offrir aux habitants un environnement respectueux des besoins de tous.
La maturation du projet de renouvellement urbain du 8 mai 1945 s’est effectuée progressivement.
En 1985, une étude qui portait sur le secteur de la Marègue uniquement avait comme objectif la proposition de solution à l’intégration de ce quartier, celui-ci étant perçu comme le " bout de Cenon " du fait de sa localisation excentrée, de l’insécurité ressentie, de l’échec scolaire et de l’insalubrité des logements. Le projet de quartier a tenté de répondre à ces dysfonctionnements en créant de nouveaux équipements sur les pôles valorisables : accroches sur les voies importantes et parvis de l’école Michelet.
En 1999, une étude sur la requalification sociale et urbaine du quartier de la Marègue avait pour objectif de faire réagir les partenaires sur le vécu des habitants et leur relation avec la ville. Le quartier a pu être identifié comme socialement marqué par une population jeune cumulant des difficultés notamment d’insertion économique. La résidence André Gide apparaît comme particulièrement stigmatisée et défavorisée, avec des dysfonctionnements : problèmes de moisissures dans certains logements, problèmes d’étanchéité des menuiseries, problèmes de vétusté des ascenseurs. C’est à l’issue de cette étude que les réflexions ont abouti à la nécessité de penser à un véritable projet de construction/démolition, sur les bases d’un projet urbain inscrit dans le Grand Projet de Ville.
Une étude préalable a été confiée en 2000 à un prestataire pour l’opération de renouvellement urbain du secteur du 8 mai 1945. La ville de Cenon, l’Etat, la CUB Aquitanis, le GIP et la CDC ont souhaité engager une réflexion globale sur la rénovation urbaine du quadrant sud est de la commune, notamment des grands ensembles d’habitat social autour de la rue du 8 mai 1945 : la barre André Gide et les trois tours du Grand Pavois. Cette mission a porté sur deux objectifs : d’une part, la définition d’une stratégie d’évolution urbaine du territoire d’étude (recomposition foncière, densification, mixité urbaine, diversification de l’offre résidentielle, actions de requalification des espaces publics induites notamment par le projet de tramway. Et d’autre part l’étude des conditions de mise en œuvre d’une opération de construction/démolition concernant la barre André Gide et les Tours du Grand Pavois.
En 2002, afin de déterminer les projets pertinents à développer dans le cadre de l’opération de renouvellement urbain, une étude pré-opérationnelle urbanistique et sociologique est engagée. C’est à l’issue de ce diagnostic que le prestataire a proposé un plan d’ensemble d’aménagement urbain dont l’enjeu est de reconstituer un véritable quartier avec toutes les fonctions urbaines, en profitant de l’opportunité de l’arrivée du tramway.
Le diagnostic de l’étude pré-opérationnelle a permis de dresser un état des lieux des espaces publics existants, de leur forme, de leur vécu de leurs potentialités dévolution. Il en est ressort : le quartier du 8 mai 1945 est hétérogène, il juxtapose des immeubles de logements sociaux, des immeubles de la ZUP, du pavillonnaire en lotissement, des petits équipements publics hors d’échelle et des bâtiments d’activités artisanales ou industrielles récents. Cette zone d’activités ne participe pas à la vie du quartier. Les espaces publics sont distendus, les voiries sont surdimensionnées. Certaines images sont peu valorisantes : la présence des lignes à haute tension, la présence de l’usine d’incinération, et la proximité de la rocade. Les entretiens avec les habitants font état de la difficulté d’établir des lieux de repère ou d’identification positive. Le manque de commerces de proximité est regrettée. Les services présents renvoient à l’image sociale du quartier ANPE, mission locale, etc...)
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